De Martuni à Djermuk, région du Vayots Dzor
Nous quittons définitivement la région du Sévan pour aller droit au Sud en passant par le gros bourg de Martuni. Après cette ville, le paysage change sensiblement pour offrir des panoramas de montagnes arides typiques du sud. Nous oublions nos références à la Mongolie ou à la Sibérie et pensons plutôt à l'Iran, voire à l'Afghanistan, du moins à ce que nous en connaissons à travers les journaux télévisés.



Pour les fanas de cartes routières, nous sommes juste avant
l'embranchement à gauche direction Eghegnadzor (vers l'est)
et à droite direction Erevan (vers le nord-ouest).
Nous irons à gauche pour suivre la jolie rivière Arpa dont je vous reparlerai plus loin.
La vallée très verte et fertile où se concentrent les villages contraste avec les montagnes rocheuses.
Potagers et vergers d'abricotiers et de pêchers se succèdent le long de notre route.
Il y a même de la vigne à Eghegnadzor et des panneaux proposent de venir déguster le vin dans les coopératives.
Vallée de l'Arpa, région du Vayots Dzor

Nous quittons la route de l'est pour prendre une impasse en direction du nord jusqu'à Djermouk, tranquille station thermale où nous espérons passer la nuit. Nous empruntons la nouvelle route qui se hisse sur un haut plateau couvert de prairies en fleurs, surplombant l'ancienne route qui longe les gorges de l'Arpa.
Après une vingtaine de kilomètres, Djermouk apparaît, simple dissémination d'hôtels et de bâtiments en tuf rose au milieu des bosquets et des parcs peu entretenus. Il n'y a pas à proprement parler de centre ville.
Voici le bel hôtel Arménia où nous avons un peu fait baisser le prix, arguant du fait que nous n'utiliserions pas le check-up et les soins de remise en forme inclus dans la location de la chambre. 
Nous avons eu un peu honte d'avoir négocié le prix, car le souper, le petit-déjeuner
et le déjeuner du lendemain étaient inclus.
Le maître d'hôtel a l'air très heureux de vivre et de travailler : il dresse le couvert spécialement pour nous alors que le service est terminé. (A ce jour, nous ne savons pas vraiment si les Arméniens se nourrissent à heure fixe et à quelles heures.)
Souriant, enjoué même, il couvre la table d'une profusion de plats en un éclair.
Les enfants sont contents de retrouver leur cher confort occidental et nous, nous sommes rassurés pour notre première nuit sans réservation.
Le piano sur lequel J-François a joué les standards du Grand Charles,
qui font se pâmer chaque Arménien au-delà de 35 ans.
Effet de sympathie garanti.
Sculpture sur pastèque.
Le problème, c'est d'en sculpter une toutes les semaines...
Station thermale de Djermuk
Aujourd'hui, nous flânons dans les allées ombragées du complexe thermal,
autour de bassins aménagés dans les années 60 pour les curistes.
La station est connue pour ses sources d'eau minérale chaude, on trouve
d'ailleurs les petites bouteilles d'eau gazeuse Djermuk sur toutes les tables
des restaurants arméniens.
L'usine d'embouteillage est bâtie juste à l'entrée de la ville, avant le grand
pont qui franchit la gorge vertigineuse de l'Arpa.
L'eau jaillit à une température allant de 33 à 53°, chaque vasque correspondant
à une température de plus en plus élevée.
Nous découvrons derrière un rideau d'arbres, un casino à l'abandon
dans son jus années 1960. La sculpture en métal est monumentale.
Comme souvent en Arménie, on accède sans problème à l'intérieur du bâtiment désaffecté...
Un hall gigantesque nous attend, avec des balcons sur 3 niveaux ! Le béton s'effrite, les petits bassins décoratifs du bas sont vides et les 2 galeries de portraits en plâtre restent pour nous un mystère : peut-être les médecins de la station ?
Au rez-de-chaussée, une jolie cloison en fer forgé artdéco revu par les années 60, j'adore !
Oh mon château, oh oh ! Toujours autant d'enthousiasme à poser.
Voici le fier propriétaire d'un futur hôtel en finition... juste à côté du casino.
Choc des styles !
Joueur de doudouk, instrument roi d'Arménie.

Bâtiments de style arménien en tuf rose, disséminés
au hasard des rues de la station très verte
Hôtels et monuments de style soviétique
Petrol ou miel, c'est selon
Les gorges de l'Arpa que l'on franchit grâce à un pont moderne
pour entrer dans la station thermale
Adieu Djermuk, Jermuk, Djermouk, Dzermuk...
mon clavier ne permet ni la version russe ni la version arménienne.
C'est ainsi pour chaque nom de lieu.
De Djermuk à Sisian, région du Syunik
Djermuk étant située au fond d'une impasse, nous revenons sur nos traces de roues pour poursuivre le voyage.
A l'embranchement de la route du sud est, nous décidons d'emprunter l'ancienne piste au fond des gorges, ou "Val des Grandes Orgues". Le guide Hachette indique un monastère du Xè s., Gndèvank.
Une fois de plus, nous bénissons l'existence du 4X4 (mais pour ce genre de cas seulement).
La route est percée de nids de poules géants; des effondrements dangereux vers la rivière en contrebas nous obligent à serrer à gauche, le long des parois de la gorge. Parfois, une chute de rochers nous oblige au contraire à serrer le talus qui surplombe l'Arpa.
De l'autre côté de la rivière, un alignement d'orgues basaltiques domine le paysage.
Nous ne regrettons pas le détour.
Raté ! 
Et hop, encore raté !
Pour trouver Gndèvank, il faut traverser l'Arpa sur un petit pont et grimper
un raidillon cahoteux. Le monastère n'est pas tout de suite visible,
perché au-dessus d'un sentier.
L'église construite en basalte date du Xè s.,
les cellules, les remparts et le réfectoire du XVII è s.
Les apiculteurs, seuls humains rencontrés ici, ça change de St-Trop !
Nous regagnons la route principale pour poursuivre le voyage vers Sisian où nous projetons de passer la nuit.
Nous rencontrons un groupe de touristes français venus en autocar, au cours d'une pause déjeuner dans une guinguette ou "khorovatzanot" située en bord de route.
Ils dorment à Sisian, à l'hôtel Bassèn, que nous chercherons vainement le soir même.
Nous nous installons en terrasse au bord de l'Arpa tandis que le groupe de Français nous dit au revoir. C'est alors que la serveuse entreprend de débarrasser leur table (un groupe de 25 personnes environ).
Attention, ce récit pourrait heurter les âmes écolosensibles.
Et voici que les bouteilles en plastique se mettent à voler en tir nourri directement vers la charmante rivière : Hop, hop, hop, pas moins d'une vingtaine de bouteilles bleutées se mettent à flotter ou s'accrochent aux racines des arbres riverains. Le geste de la serveuse est sûr et décidé, prouvant une longue expérience de jeté de bouteilles en eaux pas si claires, finalement. Devant tant d'horreur, je m'accroche au bord de la table, mes enfants me supplient : "Maman, ne dis rien !" Et je me tais lâchement, la serveuse ne comprend pas l'anglais et encore moins le langage écolo, je ne parle pas l'arménien, et quand bien même ... Le soucis de protection de notre planète est encore un luxe de pays riche et l'Arménie profite des bienfaits du plastique. Nous saisissons fébrilement notre carte routière pour constater que l'Arpa se jette dans l'Arax qui lui-même se jette dans la mer Caspienne. Une des mers les plus polluées du monde. Bordée par l'Iran, l'Azerbaîjan, la Georgie, le Kazakhstan, le Turkmenistan que je n'imagine pas précisément ressembler à la Suisse.
Après le choc, le réconfort, avec en arrière plan le lieu du crime.
Le "lavach", pain traditionnel et les multiples salades qui seront
accompagnées de brochettes de poulet grillées au barbecue.
J'emporterai discrètement nos bouteilles en plastique.
Nous reprenons le voyage...
Station service avec bidons posés en bord de route

Nous quittons le Vayots Dzor pour entrer dans le Syunik,
région extrême dont le sud borde l'Iran. Chaque région est ainsi limitée
par une sorte de porte monumentale encadrant la route.
Marchand de champignons à la porte du Syunik.
La rivière Vorotan qui traverse le réservoir de Spandarian
(centrales hydroélectriques) nous accompagnera jusqu'à Sisian.
La ville paisible de Sisian n'est pas construite sur la route du sud
(qui est aussi celle du Karabakh) mais un peu en retrait sur notre droite.
On y descend pour atteindre la large vallée du Vorotan en contre-bas.
Vue panoramique de Sisian depuis les hauteurs de l'église Saint-Jean.
Au fond, les monts Bargouchat.
Nous trouvons de la place au petit hôtel Dina, en plein centre de Sisian.
Le décor est plutôt, comment dire.... Ikéa n'est pas implanté dans le coin.
Mais tout est propre, la douche consiste en un tuyau raccordé au lavabo
tandis que l'évacuation se fait par une bouche au milieu de la pièce.
La chasse d'eau est capricieuse, mais il en est ainsi presque partout
dans le pays dès qu'on quitte les hôtels internationaux.
Nous n'avons en effet jamais vu un robinet de lavabo ou une chasse d'eau
qui ne fuie pas, quand il y a encore un robinet : Ainsi, ce sont des litres et
des litres d'eau qui partent vers les égouts ou les rivières. L'Arménie ne
manque pas encore d'eau et les fontaines coulent en continu un peu partout.
L'hôtel Dina, accueil sympathique, bon marché et très propre
Le petit bassin de l'hôtel.
Le lave-linge de l'hôtel et la fameuse housse de couette à l'arménienne,
avec découpe en losange au milieu.
Le musée historique de Sisian où je n'ai pas eu le droit de prendre de photos.
On ne soupçonne pas la richesse des objets présentés, par exemple des pointes de flèches de l'âge de bronze, des tapis anciens, des costumes traditionnels et aussi l'histoire en photo des grands guerriers et résistants arméniens.
Dans le petit jardin qui jouxte le musée, une profusion de pierres tombales
à l'effigie de béliers sans aucune protection.
Site mégalithique de Zorats Karèr
Ce matin, nous quittons Sisian et le petit hôtel Dina pour faire une première halte pas très loin. Le site mégalithique de Zorats Karèr nous attend depuis les Vè et IVè millénaires av. J.C.
Nous avons vraiment trop chaud, pour la première fois depuis le début du voyage.
224 menhirs sont plantés là, "à des fins de prévision astrologique et de
connaissance cosmogonique", dixit le Petit Futé.
Certains sont percés d'un trou rond, tel un oeil de Cyclope.

De Goris à Tatev
C'est à Goris qu'on choisit de continuer vers l'est pour atteindre le Haut-Karabagh à 30 km (prononcez Rhalabarrhh), ou d'aller plein sud vers l'Iran.
Avant le départ, nous avions décidé d'éviter le Karabagh à cause de la présence de nos enfants.
Petite halte à Goris, ville tranquille au creux d'une large vallée verte, avec certes ces fameuses barres d'immeubles roses communes à toutes les villes, mais aussi de très jolies maisons bien entretenues. Les rues sont souvent bordées d'arbres fleuris qui procurent de l'ombre. Ici, pas d'usine hideuse ou de mine à ciel ouvert.
Belle maison typique de Goris
Piscine publique improvisée sur la place de Goris
Au-dessus de la ville, on aperçoit les cheminées de fées qui abritaient
des habitations troglodytiques utilisées vers le Vè s. av. J.C.
On appelle ce lieu "mini-Cappadoce".
A signaler à Goris, le bel hôtel Mirhav sur une des rues principales (mais calme).
Nous avons été charmés par le hall d'accueil et le jardin derrière l'hôtel,
mais hélas pour nous, l'établissement était complet.
Nous décidons d'aller d'abord à Tatev, où tous les guides nous promettent le plus beau des monastères dans un cite magnifique.
Nous ne trouvons pas les indications pour Tatev malgré les explications du guide Hachette Evasion et nous tâtonnons un peu. Dès qu'on quitte la route principale, les pistes qui traversent les villages sont trouées d'énormes nids de poules, mais les Lada que nous croisons s'en accommodent, chargées de pastèques ou de bottes de paille.
En quittant Goris, nous étions sur un haut plateau, nous redescendons dans un paysage de gorges et de montagnes. A Halidzor, petit village où chevaux et poules campent au milieu de la piste, nous demandons notre route (par gestes et en montrant notre carte écrite en arménien). Lazer, vieux bonhomme à l'air rusé, nous invite chez lui : "Francia ! Générhal de Gaulle ! Jack Tchirhac ! Nicolaï ...? ! schnaps !"
Le paysage nous rappelle certaines montagnes corses,
sauf pour les villages ici plus étalés et sans église.
Car s'il est vrai que l'Arménie est un pays chrétien, à bien y réfléchir, quasiment aucun des villages traversés n'en possède une, du moins encore en service. Il n'y a pas réellement de centre de village plus dense, mais plutôt des rassemblements de maisons le long de pistes en mauvais état avec une école et une mairie, souvent construites en dur (tuf rose); mais pas de place centrale avec des commerces.
Le schnaps, ce sera peut-être pour le retour, car pour l'instant, nous allons à Tatev
et là encore, il faut compter en temps et non pas en distances.
Gorges du Vorotan et baigneurs au Pont du Diable (Satani Kamourdj)
dans les bassins d'eau thermale chaude.
Hélas ici aussi, les détritus coupent toute envie de baignade.
Tatev , enfin !

Comme vous le voyez, la foule ne se presse pas dans un des plus beaux
sites d'Arménie. Ici, c'est calme et volupté, y compris pour les marchands
d'eau et de cartes postales que nous avons dû réveiller.
Sur le chemin du retour, nous retraversons Halidzor. Lazer est là, sous le même arbre, son bâton à la main.
Cette fois, nous n'y échapperons pas. Nous stoppons la voiture et suivons notre hôte dans la cour de sa ferme. Le fils de Lazer hisse Jean-Baptiste sur son cheval en sine de bienvenue.
Notre arrivée crée une certaine effervescence dans la cour de Lazer: poules et gens accourent et nous saluent. Nous sommes bientôt installés sur la terrasse sous une tonnelle et la belle-fille de Lazer apporte en quelques minutes un succulent quatre-quarts, du thé, du jus d'abricots, des noix vertes confites, des sucreries orientales. L'hospitalité arménienne est une réalité, pas une creuse formule de guide touristique.
Nous communiquons grâce à l'aîné des petits-fils qui parle un peu anglais.
Au revoir, Lazer , et merci pour votre accueil !
De Kapan à Meghri
Le voyage continue, nous ne devons pas nous attarder car nous n'avons pas encore d'endroit où passer la nuit. Nous allons pousser jusqu'à Kapan, prochaine ville dans laquelle le guide Hachette indique un hôtel.
La route grimpe à l'assaut de la montagne dans un paysage assez boisé et vert. Une longue montée avec de nombreux lacets nous oblige à rouler lentement, d'autant plus que nous sommes constamment ralentis par d'énormes camions, de vrais Mack américains immatriculés en Iran.
Nous sommes en effet sur l'unique axe qui relie l'Iran à l'Arménie. Il s'agit d'un axe commercial vital pour le pays, les frontières avec la Turquie et l'Azerbaidjan étant fermées.
Le trafic est aussi intense dans les 2 sens et il est difficile de doubler, même si les chauffeurs sont très coopérants. Certains camions sont tellement chargés qu'ils semblent faire du surplace.
Arghhh ! C'est le camion de Duel !
Et voici Kapan, ville ouvrière toute en longueur au fond de la vallée
creusée par le Voghdji ou Voxchi.
Façade de l'hôtel Darist où nous allons passer la nuit.
L'intérieur a des allures de cité-U avec son long couloir et ses portes
alignées. Pour ceux qui chercheraient des idées de déco....
Choix des plats sur la carte traduite en anglais (jamais goûté de frites
aussi succulentes qu'au Darist !) et vue depuis la terrasse du restaurant.
Aujourd'hui, c'est jour de lessive, je réserve ma corde.
Mine de cuivre. En Arménie, on a construit les villes à la campagne.
Nuit calme à l'hôtel Darist malgré la fête foraine installée dans
le parc derrière le bâtiment. Ce matin, nous embarquons pour Meghri,
dernière ville avant l'Iran.
Nous retrouvons les convois de camions iraniens et leurs fiers chauffeurs
à moustaches.
La route grimpe à nouveau dans un paysage à la fois montagneux et industriel.
Nous traversons la ville de Kadjaran dominée par des mines de cuivre et
de molybdène à ciel ouvert qui rongent le relief. (le molybdène sert dans
les alliages spéciaux, notamment pour durcir l'acier).
La route passe au ras des immeubles au pied desquels les enfants jouent
sans surveillance. Combien d'enfants renversés par les poids lourds ?
Peut-être aucun, tellement les camions roulent au pas.
Après le passage du col de Meghri (bien avant la ville du même nom),
le paysage change et devient plus bucolique, les mines cédant la place aux vergers.
Paysage typique de cette région frontalière : montagnes rocheuses
dépourvues de végétation contrastant avec des vallées vertes et
fertiles (potagers, vergers).
La maison d'hôtes d'Aigedzor sur son promontoire et dans la végétation. 
Il est temps de trouver un endroit où dormir et nous suivons les conseils du Guide Hachette Evasion.
A Aigedzor, nous franchissons le torrent Meghri sur notre droite et nous trouvons après quelques hésitations l'hôtel qui est plutôt une maison d'hôtes (pas d'enseigne), au bout d'une piste et d'un virage en épingle à cheveux.
La maison est grande et récente, toute blanche avec des balcons. Des tables d'hôtes sont installées sous des tonnelles fleuries ou dans des bungalows ouverts sur le jardin. La piscine indiquée par le guide est vide depuis longtemps, mais l'accueil est chaleureux et empressé.
Le propriétaire n'est en rien le fameux Andranik Grigorian signalé par Hachette, puisque Andranik et Grigorian sont les 2 noms de 2 personnes distinctes, employées jadis par la maison.
Le patron est souriant mais la gestion de sa maison n'est pas sa 1ère préoccupation : Il peut compter sur son épouse et sur une équipe de femmes qui s'affairent comme des abeilles dans une ruche.
Nous expliquons à une jeune fille qui parle anglais ce que nous aimerions manger.
En quelques minutes, le couvert est dressé. Le barbecue installé à côté de la maison fumait déjà à notre arrivée. Visiblement, des équipes d'ouvriers sont venues déjeuner avant nous et repartent avec le patron.
Le canapé rustique en velours marron a encore de beaux jours
devant lui. J'ai dû bricoler le robinet du lavabo et la chasse des
toilettes pour éviter de voir fuir des litres et des litres d'eau,
mais au moment où vous me lisez, j'imagine que la cataracte
a repris ses droits. Vue depuis la terrasse.
Une fois installés, nous décidons de pousser jusqu'à Meghri à quelques kilomètres plus au sud, puis jusqu'à la frontière. La campagne est très riante, paisible et très verte tandis que les montagnes alentours sont extrêmement sèches. Un orage s'approche et le vent se lève mais nous avons le temps d'aller admirer la petite église Saint-Jean abandonnée (XVIIè s.).

Fresques dans l'église, maison cossue de Meghri et
grenade, symbole de l'Arménie.
Le vent trousse les figuiers et le tonnerre commence à claquer
dans la montagne.
La montagne juste en face est en Iran, la rivière frontière Araxe
empêchant de continuer tout droit. Le poste frontière se trouve
près du village d'Agarak, en tournant à droite. 
La frontière avec l'Iran
La route frontalière est bordée à notre droite par les montagnes arides qui dominent Meghri et Agarak et à notre gauche par la ligne de fils de fer barbelés qui interdit l'accès aux rives de l'Araxe.
Le ciel menaçant ajoute à notre excitation d'occidentaux de nous trouver à ce point de la carte du monde.
Une ligne de barbelés très denses longe la route frontalière.
L'Araxe prend sa source en Turquie, sépare cette dernière de l'Arménie à l'ouest, puis bifurque vers l'est, marquant la limite entre Arménie et Iran sur 35 km, puis entre Iran et Azerbaijan où il se jette dans la mer Caspienne (comme affluent de la Koura) après avoir parcouru 1072 km.
L'Araxe est une rivière tumultueuse aux eaux boueuses qui marqua une ligne chaude entre l'URSS et l'Iran pro Etats-Unis durant la Guerre Froide. D'où la présence de miradors et de barbelés.
Quelques Jeep de militaires passent, me faisant -mollement et poliment- signe de ranger mon appareil photo.
Notre petite interprète Melina, qui a été envoyée dans une école de Calcutta de l'âge de 9 ans à 15 ans dans le cadre d'une coopération entre l'Inde et l'Arménie. Sa mère est employée dans la maison d'hôtes d'Aigedzor et a élevé seule ses 3 enfants : un fils est militaire en Russie tandis que sa soeur étudie le droit en Russie également.
Après une nuit passée dans notre maison d'hôtes (menu du souper et
du petit-déjeuner établi en fonction de nos désirs, linge lavé et séché), nous décidons d'aller refaire un tour du côté de la frontière, histoire de voir le paysage sous un éclairage plus clément.
L'orage de la veille a lavé le ciel et l'Araxe roule des eaux plus boueuses que jamais.
La place du village d'Aragat et des vues prises entre Meghri et
le poste-frontière.
Au fond, on distingue un village iranien où rien ne bouge ainsi qu'une sorte de petit palais très oriental flanqué de 2 minarets coiffés de 2 bulbes couleur turquoise. Le guide Evasion parle des << ruines de la villa d'été d'Abbas 1er, chah de Perse, dont l'impressionnante muraille a été conservée (XVIIè s.)>>.
Au pied de la montagne, les ruines de la villa d'été du chah Abbas 1er.
Le poste-frontière et ses entrepôts avec les camions en attente
Les voitures immatriculées en Iran sont pour la plupart des Peugeot
assez récentes (206, 306, 307) tandis que les Arméniens se contentent des Lada.
Dernières vues de Meghri avant de rebrousser chemin vers le nord.
Nous retrouvons le ballet des forçats de la route.
Kadjaran, ville industrielle et son art de la récup : les clôtures
sont rapiécées avec des morceaux de fer rouilé.
Façade à Kapan
Nous voici de retour à Kapan, mais nous n'y ferons étape que pour goûter encore les frites de l'hötel Darist. Balade dans le parc d'attraction très soviétique de la ville.
La super chenille derrière l'hôtel Darist
Le marché de Kapan

