Djermuk étant située au fond d'une impasse, nous revenons sur nos traces de roues pour poursuivre le voyage.
A l'embranchement de la route du sud est, nous décidons d'emprunter l'ancienne piste au fond des gorges, ou "Val des Grandes Orgues". Le guide Hachette indique un monastère du Xè s., Gndèvank.
Une fois de plus, nous bénissons l'existence du 4X4 (mais pour ce genre de cas seulement).
La route est percée de nids de poules géants; des effondrements dangereux vers la rivière en contrebas nous obligent à serrer à gauche, le long des parois de la gorge. Parfois, une chute de rochers nous oblige au contraire à serrer le talus qui surplombe l'Arpa.
De l'autre côté de la rivière, un alignement d'orgues basaltiques domine le paysage.
Nous ne regrettons pas le détour.
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Raté !
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                               Et hop, encore raté !
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Pour trouver Gndèvank, il faut traverser l'Arpa sur un petit pont et grimper
un raidillon cahoteux. Le monastère n'est pas tout de suite visible,
perché au-dessus d'un sentier.

L'église construite en basalte date du Xè s.,
les cellules, les remparts et le réfectoire du XVII è s.

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Les apiculteurs, seuls humains rencontrés ici, ça change de St-Trop !
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Nous regagnons la route principale pour poursuivre le voyage vers Sisian où nous projetons de passer la nuit.
Nous rencontrons un groupe de touristes français venus en autocar, au cours d'une pause déjeuner dans une guinguette ou "khorovatzanot" située en bord de route.
Ils dorment à Sisian, à l'hôtel Bassèn, que nous chercherons vainement le soir même.
Nous nous installons en terrasse au bord de l'Arpa tandis que le groupe de Français nous dit au revoir. C'est alors que la serveuse entreprend de débarrasser leur table (un groupe de 25 personnes environ).
Attention, ce récit pourrait heurter les âmes écolosensibles.
Et voici que les bouteilles en plastique se mettent à voler en tir nourri directement vers la charmante rivière : Hop, hop, hop, pas moins d'une vingtaine de bouteilles bleutées se mettent à flotter ou s'accrochent aux racines des arbres riverains. Le geste de la serveuse est sûr et décidé, prouvant une longue expérience de jeté de bouteilles en eaux pas si claires, finalement. Devant tant d'horreur, je m'accroche au bord de la table, mes enfants me supplient : "Maman, ne dis rien !" Et je me tais lâchement, la serveuse ne comprend pas l'anglais et encore moins le langage écolo, je ne parle pas l'arménien, et quand bien même ... Le soucis de protection de notre planète est encore un luxe de pays riche et l'Arménie profite des bienfaits du plastique. Nous saisissons fébrilement notre carte routière pour constater que l'Arpa se jette dans l'Arax qui lui-même se jette dans la mer Caspienne. Une des mers les plus polluées du monde. Bordée par l'Iran, l'Azerbaîjan, la Georgie, le Kazakhstan, le Turkmenistan que je n'imagine pas précisément ressembler à la Suisse.

Après le choc, le réconfort, avec en arrière plan le lieu du crime.
Le "lavach", pain traditionnel et les multiples salades qui seront
accompagnées de brochettes de poulet grillées au barbecue. 
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J'emporterai discrètement nos bouteilles en plastique.
Nous reprenons le voyage...
Station service avec bidons posés en bord de route   
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Nous quittons le Vayots Dzor pour entrer dans le Syunik,
région extrême dont le sud borde l'Iran. Chaque région est ainsi limitée
par une sorte de porte monumentale encadrant la route.
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Marchand de champignons à la porte du Syunik.
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La rivière Vorotan qui traverse le réservoir de Spandarian
(centrales hydroélectriques) nous accompagnera jusqu'à Sisian.

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La ville paisible de Sisian n'est pas construite sur la route du sud
(qui est aussi celle du Karabakh) mais un peu en retrait sur notre droite.
On y descend pour atteindre la large vallée du Vorotan en contre-bas.
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Vue panoramique de Sisian depuis les hauteurs de l'église Saint-Jean.
Au fond, les monts Bargouchat.

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Nous trouvons de la place au petit hôtel Dina, en plein centre de Sisian.
Le décor est plutôt, comment dire.... Ikéa n'est pas implanté dans le coin.
Mais tout est propre, la douche consiste en un tuyau raccordé au lavabo
tandis que l'évacuation se fait par une bouche au milieu de la pièce.
La chasse d'eau est capricieuse, mais il en est ainsi presque partout
dans le pays dès qu'on quitte les hôtels internationaux.
Nous n'avons en effet jamais vu un robinet de lavabo ou une chasse d'eau
qui ne fuie pas, quand il y a encore un robinet : Ainsi, ce sont des litres et
des litres d'eau qui partent vers les égouts ou les rivières. L'Arménie ne
manque pas encore d'eau et les fontaines coulent en continu un peu partout.

L'hôtel Dina, accueil sympathique, bon marché et très propre 
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Le petit bassin de l'hôtel.
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Le lave-linge de l'hôtel et la fameuse housse de couette à l'arménienne,
avec découpe en losange au milieu.
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Le musée historique de Sisian où je n'ai pas eu le droit de prendre de photos.
On ne soupçonne pas la richesse des objets présentés, par exemple des pointes de flèches de l'âge de bronze, des tapis anciens, des costumes traditionnels et aussi l'histoire en photo des grands guerriers et résistants arméniens.
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Dans le petit jardin qui jouxte le musée, une profusion de pierres tombales
à l'effigie de béliers sans aucune protection.

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