Retour vers la vallée de l'Arpa
En quittant Kapan, nous reprenons la route Arménie-Iran, mais en sens inverse,
alternant cols, routes de crêtes et descentes dans les vallées.
Les camions iraniens nous accompagnent infatigablement.
Prière de viser entre les 2 ânes !
Étant donné l'état de nos pneus et des pistes qui mènent aux monastères, il est étonnant que nous n'ayons pas crevé plus tôt. Aujourd'hui, c'est fait, et heureusement pas très loin d'un relais pour routiers. A peine étions nous stationnés devant le restaurant qu'on nous a proposé de l'aide. Voici notre héros, spécialiste du changement de roue sur 4X4 chinois (méthode très spécifique expliquée succinctement par le loueur).
Nous étions très heureux de lui donner l'équivalent de 10 euros, ce qui semblait constituer une fortune pour lui.
Notre changeur de roue anonyme mérite bien son portrait
grand format dans notre blog !
Nous quittons la chaîne de montagnes du Zangezour pour retrouver la vallée du Vorotan de Goris à Sisian et au-delà, puis la vallée de l'Arpa. Nous reprenons la même route en sens inverse, car il n'y en a pas d'autre. Nous progressons plus vite car la route s'étire maintenant devant nous, plus rectiligne. Le paysage de montagnes boisées a fait place à un paysage de hauts plateaux couverts de prairies et de lacs. Nous projetons de passer la nuit dans un des nombreux petits hôtels aperçus le long de l'Arpa à l'aller.
Un des réservoirs créés le long du Vorotan,
pour l'alimentation hydroélectrique.
Voici l'auberge où se prépare un long concert nocturne de musiques
traditionnelle et romantique arménienne.
La propriétaire est très fière de son hôtel tout neuf et de la magnifique niche habitée par un cowboy en plâtre qui surmonte la cheminée de notre chambre. Rideaux en acétate roses ou vieil or, dessus de lit boursoufflé de coeurs rebrodés, bibelots rutilants, je suis comblée.

Monastères d'Areni et de Khor Virap
Après une nuit musicale, nous poursuivons la remontée de la vallée de l'Arpa vers Yerevan. Nous découvrons en vrai le site grandiose du Monastère d'Areni, vu maintes fois en photo (guides et cartes postales).
Visible depuis la route, il domine le village sur son plateau rocheux et s'adosse à de vertigineuses falaises.
Vue panoramique sur Areni, le monastère est à gauche.
Le contraste entre la zone habitée très verte et les prairies et
les montagnes arides alentour est frappant.
Nous quittons le Vayots Dzor pour l'Ararat (la région).
Nous avons rejoint la plaine au sud d'Erevan. C'est une région couverte
de cultures maraîchères.
Pas de chance, le Mont Ararat se confond avec les nuages.
Encore un petit monastère avant de regagner Erevan : celui de Khor Virap, tout près de la frontière turque avec l'inaccessible Mont Ararat en fond.
Après avoir traversé un village et de nombreux champs cultivés, nous atteignons le monastère sur un promontoire rocheux. Nous redécouvrons la civilisation, les groupes de touristes et tout ce qui va avec : nous payons pour libérer une colombe apeurée qui s'envole un peu étourdie dans le ciel.
Par gestes, j'arrive à faire comprendre à un gamin que ce serait mieux si les cages des oiseaux étaient à l'ombre et non pas en plein soleil (ça n'est pas une évidence pour lui). Le gamin déplace les cages sur une flaque d'eau près d'une fontaine et les oiseaux entassés boivent frénétiquement à travers le grillage. Je me mets à regretter la solitude des autres monastères, mais celui-ci a le défaut d'être proche d'Erevan. Nous y rencontrons des Belges et des Français d'origine arménienne venus en famille mais qui, quel dommage, n'osent pas s'éloigner de la capitale.
Khor Virap, maintes fois photographié avec le Mont Ararat en fond
donne l'illusion, bien cadré, d'être dans un endroit sauvage.
Là, j'ai rangé mon appareil, un peu saoulée par le soleil et la foule.
Retour vers le centre-ville.
Citadelle d'Erebuni
Dernier jour en Arménie. Nous allons visiter la citadelle d'Erebuni, dans un faubourg au sud d'Erevan, sur la colline d'Arinbèrd.
De ce côté, les limites de la ville sont nettes. Une sorte de cité composée de barres d'habitations et de maisons vétustes laisse sans transition la place à des collines pelées et jaunes. Au loin en haut des collines, on aperçoit encore quelques barres et des cheminées d'usines.
A nos pieds, la ville s'étend, rose et poussièreuse.

Erebuni est datée à 782 avant J.C., grâce à la découverte de sa pierre fondatrice.
La citadelle englobe les ruines d'un palais, d'un temple, d'écuries, de casernes, d'habitations et de greniers à blé.
On peut voir des inscriptions cunéîformes gravées sur certaines pierres et des fresques reconstituées peintes à l'origine sous influences perse et assyrienne.
Dieu Khaldi (fresque perse reconstituée) VIè - IVè s. av.J.C.
Merci à notre guide dévoué pour les indications : "rrestaurred"
ou "orriguinal"
Le centre religieux d'Echmiatsin
Ultime visite dans la ville religieuse d'Ejmiatzin (ou Echmiatsin) à une vingtaine
de kilomètres à l'ouest d'Erevan. Avant d'arriver au monastère et à la cathédrale,
nous faisons une petite halte au monastère Sainte-Hripsimè au bord de l'artère
principale de la ville.
Les ruines du mur d'enceinte en torchis font penser à une forteresse africaine.
L'Eglise Sainte-Hripsimè et ses jardins fleuris et soignés.
L'église a été construite en 618, c'est une des plus vieilles d'Arménie.
Le clocher date du XVIIè s.

Images de la ville d'Ejmiatsin, ancienne capitale du royaume (IIè s.), siège de l'Eglise arménienne depuis le XVè s., remaniée et dénaturée par les soviétiques.
En 2000, la cathédrale et les églises du centre religieux sont classées au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Cathédrale d'Ejmiatsin
De part et d'autre de l'entrée de la cathédrale,
Porte de Tiridate les tombes des Catholicos.
Les fresques réalisées par une dynastie de peintres arméniens au XVIII è s.
dans le style perse, ont été récemment restaurées.

A côté du monastère, un séminaire-université qui forme des prêtres
et des théologiens a rouvert en 1997.

