Au bord du Lac Sevan, région du Gegharkunik
Nous repartons vers le centre maintenant, vers le lac Sevan.
C'est un lac situé sur un haut plateau, à 2000 mètres d'altitude.
Pour y parvenir, nous remontons les gorges du Debed jusqu'à Vanadzor, puis passons par la ville de Dilidian.

En chemin, nous nous arrêtons pour faire des photos de la campagne, et d'un paysan qui fauche dans un superbe cadre. Corinne lui demande l'autorisation de le prendre en photo. C'est oui, puis il appelle sa femme en faisant de grands gestes, celle-ci accourt avec du yaourt maison à déguster (très bon d'ailleurs). Elle prend la pose à son tour. C'est au tour de la Lada rouge dont on enlève la bâche de protection pour la photo. Encore un portrait à l'intérieur de la "résidence d'été" de 6 m2, tapissée de cartons et de toile goudronnée. Ce fut une belle rencontre, à l'image de celles que nous aurons dans notre circuit avec les Arméniens.

Sourèn dans son pré, sa femme Emma
sans oublier leur belle Lada rouge.
Nous reprenons la route vers le lac Sevan, en empruntant des cols qui dépassent les 2300 mètres et qui évoquent pour nous des paysages suisses si l'on excepte les villages qui ressemblent plutôt à des villages roumains : toits en tôle, clôtures raffistolées, rues en terre pleines de nids de poules, bétail en liberté.
Nous déjeunons au bord de la plage, au pied de la "péninsule" de Sevan, sur laquelle se dresse le monastère de Sevan avec ses deux églises. L'endroit est plus touristique, donc plus fréquenté. Nous y sommes plus sollicités qu'ailleurs (promenades à cheval, souvenirs, parking payant, prix du restaurant à la tête du client), mais les tarifs restent nettement inférieurs aux tarifs européens.
C'est une prouesse que de photographier en évitant les nombreux détritus qui jonchent le sol, comme un peu partout dans le pays. Il est choquant pour nous de trouver à côté de presque tous les sites, des bouteilles et des sacs en plastic abandonnés. Ailleurs dans les villes, au bord des routes et des rivières, c'est une constante regrettable.
Pédalos et bateau à touristes de l'ère soviétique, rafistolage et entretien
"bouts de ficelle" et système D.

Nous avons croisé un mariage dans le monastère... quelques images
de la cérémonie et du cortège :
Nous quittons la péninsule de Sevan pour longer le lac sur sa rive orientale vers le sud, jusqu'à Tzapatagh à 60 kilomètres environ, où se trouve l'autre hôtel Tufenkian que nous avions réservé par mail (le guide papier indique que l'hôtel est sur la rive nord, mais nous aurons d'autres déconvenues avec le sens de l'orientation de l'auteur du guide).
En chemin nous croisons d'abord d'énormes complexes touristiques totalement abandonnés, en ruines ou même pas achevés. Nous en concluons qu'il s'agissait de complexes construits par les Russes.
La route de l'Est longe presque tout le temps le lac. A sa gauche, une voie ferrée destinée au transport du minerai d'or (il y a des mines un peu plus au sud). A droite souvent des poteaux électriques. Mais le paysage est splendide et sauvage si l'on sait faire abstraction de ces deux points (qui d'ailleurs enrichissent le paysage en le personnalisant).
Le première photo n'est pas inversée: quand il n'y a personne sur le route (ce qui est le plus souvent le cas), les Arméniens roulent facilement à gauche...
Roche étonnamment verte et que nous allons retrouver dans la déco de l'hôtel.
Plus nous nous éloignons de la rive ouest du Sévan et de son agitation pour contourner le lac vers l'est et plus les paysages évoquent la Sibérie ou la Mongolie : steppes, montagnes pelées, troupeaux de moutons et bergers à cheval.
Nous descendons vers le Sud, rive orientale du lac Sévan à droite, frontière d'Azerbaïdjan à gauche quelquepart derrière la chaîne de montagnes.
Les fleurs poussent partout, même sur les ruines soviétiques. Nous serons enchantés par la beauté et la diversité des fleurs sauvages qui ondulent sous le vent un peu partout sur les hauts plateaux d'Arménie.

L'hôtel Tufenkian à Avan Marak, près de Tzapatagh depuis le petit chemin qui mène au restaurant Zanazan. Au milieu de nulle part, juste à côté d'un hameau de petits paysans bienveillants auxquels l'hôtel fournit un peu d'étonnement et de ressources.

Vers Vardènis et Makénis
Depuis l'hôtel Tufenkian à Dzapatagh, nous allons rayonner pendant 3 jours en commençant par la découverte de la pointe sud-est du lac Sévan, coincée entre ce dernier et l'Azerbaïdjan.
Dès que nous prenons le sud, la route se change en piste poussièreuse et le 4X4 n'est pas un luxe. Nous croisons des petits bergers à cheval et leurs troupeaux, des camions citerne d'un autre âge et de vaillantes Lada chargées de pastèques, de foin ou d'humains. Tout cela tressaute dans des nids de poule géants et nous suivons les traces des voitures précédentes qui ont fini par dessiner une 2ème voie en marge de la piste originelle, décidément impraticable par endroits. Je me cogne la tête au plafond et je croise les doigts en espérant que nos pneus usés ne nous lâcheront pas.
Ainsi, on ne compte pas les distances en kilomètres mais en durée.
Les paysages de bout du monde sont à couper le souffle bien que les villages soient plutôt boueux et pauvres. C'est un véritable dépaysement, une vraie découverte et nous nous félicitons d'avoir choisi l'Arménie qui ne nous déçoit pas.
Il doit faire très froid ici en hiver, mais les maisons n'ont pas de volets, seulement des doubles-fenêtres.
La Sibérie doit ressembler à cela. Les paysans, étonnés, nous saluent timidement.






Petite halte pour le pique-nique dans une épicerie typique.
Les épiceries consistent en un container en tôle posé sur cales.
Plus ou moins coquet, quelquefois assez piteux à l'extérieur.
Pyramides de pastèques, quelques tomates dans un seau, quelques cornichons.
A l'intérieur, un épicier avachi derrière son comptoir. Contre les parois,
des rayonnnages chargés de boîtes de conserve, de sacs de légumes secs,
de bouteilles d'alcool, des cartons de bonbons russes "à l'ancienne", c'est-à-dire
emballés individuellement comme ceux que seules nos grand-mères offrent encore,
et vendus au poids.
Un congélateur bahut "Grand Candy" dont le volume intérieur est considérablement
réduit par la couche de givre. On y plonge pour trouver des glaces
plutôt bonnes, chocolat ou vanille exclusivement. Du pain dans des sacs en plastique.
Des biscuits sablés (pas terribles) vendus aussi au poids, des sodas pas toujours au frais.
Et le sacro-saint frigo, dont l'aspect jadis émaillé tire plus vers l'uniformément rouillé.
Puisque nous ne parlons pas arménien, nous nous servons directement :
saucissons en peau synthétique rouge, bouteilles de Coca ou de Fanta,
eau plate Noy (Noé) ou pétillante Jermuk (Djermouk).
Et en prime, la bienveillante gentillesse de l'épicier qui n'en revient pas encore
de notre "apparition" et qui prend la pose pour la photo.
De telles épiceries bordent toutes les routes et on est toujours assuré de trouver
de quoi manger ou boire, assez chichement certes.
Epicier dans sa boutique/container (vers Norakert).
Epicier équipé d'un boulier (vers Tchambarak).

Nous poursuivons notre route en espérant trouver le monastère de Makènotsats vank à Makénis.
Tâche difficile car par ici, aucun nom de village n'est indiqué, pas plus que les
directions. Nous descendons souvent de voiture pour montrer notre carte et
indiquer de l'index notre destination.
Les indications de notre guide sont très vagues.

![]()

Un petit côté "Borat", non ?




Nous poursuivons notre route à la recherche du monastère ...
Voici les 9 katchkar qui indiquent que nous sommes sur la bonne voie.
Les katchkar sont des croix sculptées sur des blocs de pierre, aux motifs riches et tous différents.
On les trouve aux abords des monastères ou dans les cimetières pour marquer les tombes, couchés ou debout. Ceux-ci sont maculés par la cire fondue des cierges.
Nous prenons en stop un homme sans qui nous aurions eu un peu de mal à trouver le monastère de Makénis, Makènotsats vank. D'autres hommes vont nous ouvrir la porte de l'église et plus tard nous déposerons 2 d'entre eux au bord du chemin de retour.
Les tuyaux de gaz aériens typiques de l'Arménie.
Y-en-a-t-il encore qui trouvent qu'une éolienne, c'est laid ?


Artanish, Tchambarak
Deuxième jour à l'hôtel Tufenkian de Dsapatagh, aujourd'hui nous remontons au nord-est du lac Sévan.
Mine d'or à ciel ouvert et village d'Artanish en bordure du lac pour lesquels la ligne de chemin de fer est maintenue.
Nous laissons les rives du lac derrière nous pour filer plein est vers Tchambarak dans les montagnes du Caucase et la frontière azéri. Paysages de montagnes douces couvertes de fleurs sauvages, petites routes ponctuées par de jolies fontaines en pierre.
Interlude
Mine d'or et environs d'Artanish

Ce qui semble être la DDE arménienne et 2 employés qui sont venus
en courant pour poser devant mon objectif.
J'espère que tous ces gens si ouverts et si amicaux pourront un jour
se découvrir grâce à Internet.
Moi, j'attache ma vache...
à la queue de mon cheval !
Village de Tchambarak, près de la frontière azéri.
On aperçoit sur la 3ème vignette, le mirador des garde-frontière.

Monticules de tourbe et pose pique-nique sur la rive du Getuk.
Le Petit Poucet tend un piège... fontaine et canalisations aériennes.
Cimetière azéri

Goshavank et Haghartzin, région du Tavush
Toujours en longeant la rivière Getuk, nous découvrons
le Monastère de Goshavank (fin XII ème s.) et l'église Saint-Grégoire-
l'Illuminateur juchés sur une belle colline. Petite boutique de souvenirs
avec des commerçants absolument pas pressants.
Si vous n'aimez pas être agressés par les marchands en tout genre,
l'Arménie vous séduira : beaucoup de monastères sont isolés,
sans boutique et nous étions souvent les seuls visiteurs présents

Tout près de là et un peu avant Dilidjan, nous quittons la route
principale pour découvrir le Monastère d'Haghartzin après une petite
grimpette en voiture sur un ou deux kilomètres dans un bois assez clair.
Ici, il y a un peu plus de visiteurs et nous sympathisons avec un groupe
de jeunes femmes interessées par notre véhicule chinois.

Pompe à essence ambulante et portrait de groupe
De Sevan à Martuni
Nous quittons l'hötel Tufenkian sur la rive orientale du lac pour remonter vers le nord jusqu'à Sevan.
Pour atteindre par la suite la route du sud, nous préférons contourner le lac par le nord et redescendre ensuite par la rive occidentale, nos incursions au sud-est du lac (vers Vardenis) nous ayant montré à quel point les pistes étaient mauvaises.
Train de minerai en provenance d'Artanish et route vers Sevan
Balade à Sevan
Sevan, comme toutes les villes d'Arménie, présente des quartiers assez hideux. Ces villes construites sous l'ère soviétique sont par contre un vrai témoignage de ce qu'était la vie dans les anciennes républiques du sud. Pour nous, c'est indiscutablement exotique : barres d'immeubles rafistolées en tuf rose, mobilier urbain désuet et rouillé, trottoirs et rues pas entretenus, touche orientale, bâtiments publics construits visiblement sous influence russe, vieilles Lada et plus récentes au design inchangé, habitants indolents et souriants.
Ici, rien n'est réparé, rien ne semble achevé, on bricole du neuf à côté d' immeubles vétustes. Pas de gazons soigneusement tondus, rien n'est tiré au cordeau, les bouteilles et les sachets en plastique jonchent le sol.
On pare au plus pressé et l'à-peu-près semble être la règle.
En Arménie, l'agriculture est bio sans le savoir
Mmmmh, ces gâteaux feraient pâlir d'envie notre entarteur
Pas de frigo mais dans son cadre, la Sainte Vierge veille au grain
Nous quittons Sevan pour prendre la route du sud, petit arrêt sur une plage où hommes et chevaux partagent les eaux du lac. Gare au crottin et aux détritus avant de s'alonger !
Entre la route et le lac, le Monastère d'Ayrivank dont il ne reste que l'église juchée sur un piton rocheux au dessus de l'eau. Nous sommes salués par des jeunes enthousiastes et fiers de poser devant l'objectif.
Un peu plus loin au sud, toujours près du lac, le village de Noratous où nous cherchons le fameux cimetière qui offre la plus grande concentration de khatchkars d'Arménie datés du IX ème au XVI ème siècle.
Une petite grand-mère vient nous saluer, vite évincée par un vieil homme au sourire édenté, guide autoproclamé du cimetière. Je n'aurai qu'à le suivre (il ne lâchera plus mon bras) à travers le cimetière, à obéir à ses directives et à photographier les pierres anciennes : "verrrry old ... photo !", et les très anciennes : "old old old old .... photo !"
Directives sans appel.
Il y a foule au cimetière :
Les petites marchandes qui vendent leurs dessins aux touristes,

les grands-mères qui tricotent et vendent des chaussettes

Pierres tombales verrry old old old ... photo !




























